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  • Photo du rédacteurLaura Guilmet

Cercles de femmes



#1 Accueil

Les arrivées se font au compte-gouttes. Timides. Des saluts de loin. Les tirettes des sacs s’ouvrent et se ferment. On vérifie ses affaires. On se rassure, on tente de se rattacher à quelque chose de connu.

L’odeur du thé épicé se mêle à celle du chocolat. On murmure du bout des lèvres. Les silences sont parfois gênants, entrecoupés d’hésitants « Tu viens d’où ? ».

À ce moment-là, on doute encore des raisons qui nous ont amenés ici. On ne sait pas si on a bien fait. Si c’est juste. Le coeur bat un peu trop vite. Nous sommes dans la salle d’embarquement. On sait qu’on va partir pour un long voyage, avec des femmes que l’on ne connait pas. Sur nous, pèsent toutes les idées reçues sur les rivalités féminines. Pourtant, nous allons sauter dans le vide. Ensemble. Passé les détails pratiques, nous sommes invités à entrer chacune à notre tour dans le cercle. À notre rythme, on prend une grande inspiration avant le départ puis on se lance. La musique est aussi douce que celle des coeurs. Chacune trouve sa place. Nous y sommes. C’est trop tard pour reculer.

Soudain, c’est une sensation de déjà-vu. Ce voyage, en réalité, nous l’avons déjà entrepris, il y a des millions d’années…



#2 Ouverture

L’espace est donné pour la parole. Celle qui nous manque tant dans notre quotidien, trop absorbé par le « faire » et bien trop éloigné de l’« Etre ».

Alors chacune peut dire. Chacune peut déposer. Il y a des pleurs. La boîte à mouchoirs passe de main en main alors que des portes trop longtemps fermées s’entrouvrent. Des barrages lâchent. Des barrières tombent. C’est comme de l’eau qu’on libère. Par petit bout ou d’un coup. La pièce n’est plus qu’un vaste marécage plein de fange. Certaines, qui ne voulaient d’abord pas parler, se répandent, s’excusent pour le discours désordonné, pour le trop-plein d’émotions qui débordent. Emeline reprend : « Cesse de t’excuser. On peut tout entendre. Ici, vous pouvez dire une chose et son contraire. On s’en fout. Dis. Prends ta place ». Ce sont les premiers enseignements. Dire les choses comme elles viennent, au féminin, comme on les sent. Alors la femme se raconte. Alors elle pose des mots sur les maux, sentiments, émotions, tranches de vie, sans pour autant bien organiser. Qu’importe. C’est son moment. On devine ce qu’elle a traversé. Enduré. Ce dont elle est riche. On sent le mystère qui l’habite. On n’en demande pas plus, que ce qu’elle veut bien nous livrer

aujourd’hui. Certaines histoires personnelles raisonnent dans d’autres coeurs. C’est parfois lourd, pesant suffocant et étouffant, comme une chape de plomb qui tombe sur la salle. On a alors du mal à respirer. On traverse cela chacun à notre manière, ces bâillons restés trop longtemps sur notre bouche, qui une fois ôtés, remettent en circulation des serpents et des couleuvres. Alors tout peut retourner à la Terre. On ne porte plus, on est plus seul. Certains parlent plus longtemps que d’autres. Emeline dit : « Je ne peux pas arrêter une femme qui dépose, pas le premier weekend, c’est trop important » Car souvent, c’est à la fin que sont dites les choses les plus monstrueuses, après avoir tiré le fil d’une pelote qu’on avait savamment embobinée et planquée dans un coin. Quand tu dis pour toi, tu dis pour moi.

Alors merci pour ça.



#Citations #Pris sur le vif


« C’est dur de m’ouvrir aux femmes. Comme si c’était dangereux. Je pense qu’il y a beaucoup de choses en lien avec ma mère. »


« Ce que je portais, ce n’était pas mon histoire, c’était l’histoire d’un monde ».

Stéphanie.


« Je suis en femme en cours de sérénité »

Marlène


« Moi, je n’ai pas lu « femme sage », mais « femme sauvage. » »

Marie


« Ça fait longtemps que j’ai envie d’être là. »


« Je porte un immense sentiment de responsabilité. J’ai l’impression que si je dis un mot, la terre va s’écrouler. »


« J’ai envie aujourd’hui de me réaliser autrement que dans le couple. »


« Quand le coeur se met à battre… Le coeur bat. J’aime la profondeur ».

Anaïs

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