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  • Photo du rédacteurLaura Guilmet

Atelier Spectacle

LEP LABROISE


Ces jeunes ont de l'or dans les mains, mais ils ne le savent pas encore.

Ces jeunes ont de l’or dans le cœur, et j’espère bien leur en faire prendre conscience. Ça, ça peut aussi faire partie de mon Job.


Perdu encore dans les affres de l’adolescence, il y a des portes qu’il est interdit d’ouvrir. Celles de l’authenticité et de la sensibilité sont bien gardées. L’appartenance au groupe prime sur tout. On se polit, on se lisse, pour paraitre comme tout le monde, « normal ». On préfère dire : « J’ai pas d’idées » plutôt que de prendre le risque de se montrer.

Ce qui sort d’abord, c’est ce qui est politiquement correct. Ce qui fait genre. Ce qui fait bien.

Le groupe est timide. Réservé. Erratique.

Ils sont là, puis plus là. À l’atelier, on entre et on sort comme dans un moulin. Je comprends vite que rien ne sert de les contraindre.


La peur. La peur est toujours là.

En tant qu’intervenant, je ne peux pas faire autrement qu’en tenir compte. Pour moi, elle est d’ailleurs souvent le point de départ.

La peur de se mettre en jeu, en scène. La peur, c’est souvent elle, qui crée ces mouvements dans les ateliers. Elle s’invite. Il faut toujours faire avec.

La peur que jaillissent ces parts de soi qu’on ne veut pas que les autres voient.

La peur du jugement.

La peur de ne pas réussir, de dire "un truc faux",

Certains portent les stigmates d’une scolarité jugée médiocre.


"Ici, il n’y a pas de bonne réponse. Tout est juste".


Ils me regardent d’un air interrogateur. Je sens qu’une part d’eux ne me croit pas. Ils cherchent l’entourloupe. Je renchéris.


"Ici, vous pouvez dire tout et son contraire, on s’en fout"

Phrase empruntée à mon amie Emeline, qui a toujours fait ses preuves.


Alors petit à petit, les portes s’ouvrent.

On fait connaissance artistiquement. On s’assouplit. Ensemble. On se travaille.


Impossible de les mettre dans une perspective de spectacle. C’est trop effrayant pour eux.

Mais dans la magie des instants, l’éclat de créativité se fait voir.

Je leur demande de ramener des objets qu’ils ont fabriqués en atelier : bois, art verrier...


Je crois déceler de la fierté quand ils sortent leur œuvre.

Le besoin d’être rassurer aussi.

Le besoin qu’on leur dise que tout ira bien pour eux, dans ce monde de folie.

On raconte les objets et les objets se racontent. Les œuvres vivent des aventures imaginaires.


Je ne peux m’engager sur un résultat garanti quand je démarre un atelier. Je peux juste suivre le groupe, suivre le flow. Ça serait trop violent de forcer quoi que se soit.

La création a des allures de cheval sauvage et fougueux. Je me garde bien de lui passer la corde au cou...


Tout ça restera dans l’intimité du groupe, mais quelque part en suspension, j’ai envie de croire que les murs ont des oreilles…


Ces jeunes de demain, ils en veulent, croyez-moi…





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